Jo Sieber Musique

6 arguments contre WhatsApp

Bonjour à tous,

Cet article est une retranscription de ce qui aurait dû être une vidéo YouTube.
La vidéo n’a jamais été tournée parce que je n’étais pas satisfait du script, donc je vous le reposte ici, réécrit au format blog. Attention, ça donne un article assez long.

Au début de l’année 2018, j’ai posté un article sur mon site, dans lequel je mentionnais, l’air de rien, que j’avais créé une newsletter via WhatsApp. Et je l’ai plusieurs fois mentionné par la suite, notamment en référence à cet article que vous êtes en train de lire, et qui aurait dû être une vidéo.

Pour vous remettre rapidement dans le contexte, entre 2016 et 2018, j’ai cherché à mettre en place un moyen de prévenir ceux que ça intéresse de ce que je fais. Le principe de base d’une newsletter, quoi. Par ailleurs, je me débats avec les formats e-mail et facebook, qui ne me permettent absolument pas de transmettre ce que je veux transmettre comme je veux le transmettre et à qui je veux le transmettre.

Donc, exit les mails et exit facebook. J’ai fini par conclure que, malgré tous ses défauts, WhatsApp était finalement le meilleur compromis pour une newsletter. Notamment la fonction groupe.

J’i donc créé ce groupe, et ça n’a pas manqué, certains de ceux que j’ai invités n’ont pas du tout apprécié d’être ajoutés. Ce que, sans être forcément d’accord, je peux comprendre. D’ailleurs, merci à eux d’avoir pris le temps de m’envoyer spontanément leurs observations et de m’avoir donné la matière pour ce qui va suivre.

C’est donc la raison de cet article. Je vais tenter d’expliquer (expliquer, hein, pas justifier… juste expliquer) mon choix en répondant à quelques uns des arguments que j’ai reçus.

Je précise que ce n’est pas un placement de produit pour WhatsApp. Ironiquement, le jour où WhatsApp place des produits chez moi, ça voudra dire que j’aurai suffisamment d’audience pour avoir une newsletter par mail :p

Je vais ici m’adresser à tous ceux qui se demanderaient quel est l’intérêt d’une telle newsletter, à ceux qui, comme moi, luttent avec le format e-mail et facebook et qui seraient prêts à tenter n’importe quoi d’autre, et à ceux qui ont l’esprit ouvert de manière générale.
Parce que dans la vie, il faut tenter des trucs et qu’apparemment, c’est quand même assez nouveau pour être un peu choquant.

Tout ce que je vais dire vient de mon expérience personnelle (la newsletter est active depuis décembre 2017) et peut changer avec l’évolution vertigineusement rapide des technologies. En gros, je pourrais dire un truc aujourd’hui et devoir changer d’avis dans un mois. Ca va très vite.


En préambule, précisons que je ne suis qu’un « petit » artiste. Je ne fédère pas beaucoup de monde, donc je n’ai pas besoin de m’adresser à 50’000 personnes en même temps. En outre, tous les experts en communication le disent : il vaut mieux convaincre d’abord un nombre restreint de personnes privilégiées plutôt que de s’attaquer directement à l’équivalent de la population lausannoise.

Ceci étant posé, commençons enfin avec le premier argument.

01. « WhatsApp c’est principalement du spam ! »

Oui, je commence avec l’argument massue, qui est que la plupart des groupes WhatsApp créés entre contacts sont des groupes très actifs. Trop actifs, même.

C’est un argument facile à démonter. Le problème ne vient pas WhatsApp, mais de ses utilisateurs. Personnellement, j’ai moi aussi été dans des groupes de spammeurs. Le genre de groupe qui poste 200 messages en une journée. Si personne ne modère le groupe, c’est normal. Les gens vont y poster comme ils veulent et selon vos types de potes, ça oscillera entre supportable et bruyant comme une after dans un bar. Sauf que le groupe de potes de l’after, c’est quelques fois par semaine, tandis que le groupe WhatsApp, c’est 24/24. C’est ça qui est chiant.

Pour éviter ça, une solution (parmi d’autres) c’est de désigner un modérateur de groupe. Comme sur un forum. Ce que je fais dans ma newsletter.

Mais bon, pourquoi on modérerait nos propres potes s’ils sont si à l’aise qu’ils se lâchent ? C’est ce qui m’amène à l’argument suivant.

02. « WhatsApp c’est fait pour ceux qui se connaissent entre eux »

Et là, il y a contradiction.
Si vous regardez bien, les groupes WhatsApp qui spamment le plus sont justement les groupes d’amis. De gens qui se connaissent entre eux (ou de gens qui aiment être ensemble, enfin moi j’appelle ça des potes pour faire plus court). Alors soit vous considérez que WhatsApp, c’est pour les potes et vous acceptez qu’ils spamment, soit vous vous plaignez dudit spam, mais dans ce cas, vous admettez que WhatsApp, c’est pas uniquement pour les potes.

Dans un groupe comme celui d’une newsletter, les gens n’ont aucune raison de parler entre eux si le modérateur n’est pas là pour en donner une. C’est un groupe fait pour informer d’une actu concernant l’artiste. En dehors de cas comme ça, de quoi pourrait-il bien parler ? En outre, le fait que les membres d’un groupe newsletter ne se connaissent pas toujours entre eux défavorise les conversations hors sujet. Par conséquent, les groupes newsletter ne sont pas victimes de l’effet de spamming. Ce sont des groupes calmes. CQFD.

En fait, le seul défaut c’est de ne pas pouvoir modérer les permissions utilisateurs au cas par cas.

Petite note avant d’en finir avec ce point. Beaucoup semblent oublier aussi que WhatsApp offre la possibilité d’activer un mode silencieux pour chaque groupe individuellement. Si vous ne savez pas comment faire, je suis sûr qu’il y a plein de vidéos et de tutos sur internet qui l’expliquent. Je vous en ai même trouvé un en cliquant ici.

03. « Avec les mails, tu touches plus de monde »

Vraiment ? Selon le site web Arobase.org, le spam par e-mail représente 55 à 95% du trafic mail mondial (dépendant du moment de la mesure). Ce sont les chiffres de 2018. Ils signifient que le spam représente de la moitié à la quasi totalité des mails que vous recevez (que vous ne verrez pas ou peu si votre filtre est bien configuré).

Sachant qu’il y en a quand même qui passent entre les gouttes, qu’à côté de ça vous recevez sûrement des mails de vos collègues/amis/parents, et que vous vous êtes sûrement déjà abonné à des newsletter d’entreprises plus grosses que moi, quelles sont mes chances pour que parmi tous ces courriers, vous choisissiez de lire le mien ? Ou même que vous le voyiez ?

Soyons honnête, la communication par mail est morte. Noyée sous les pubs et autres mails de phishing. Un groupe WhatsApp touche peut-être moins de monde. Mais au moins, il touche à coup sûr. Et mes abonnés sont libres de quitter le groupe si et quand ils le souhaitent.

En plus, contrairement au mail, c’est simple à faire.

04. « L’e-mail, c’est plus simple à rédiger »

On a tenté de me convaincre que la liste de diffusion par e-mail était plus facile à rédiger. Entre autre parce qu’on pouvait y partager plus de choses (pareil sur facebook). Malheureusement… je suis d’accord ! On peut y partager plus de choses.

Et c’est pour ça que c’est plus que jamais la galère à rédiger ! Justement parce que la possibilité de partager des médias existe. Entre les images, les liens, les vidéos et les sons, rédiger un joli mail potable prend presque autant de temps qu’un article de blog. Et en admettant que vous réussissiez à faire la mise en page que vous souhaitez (parce que les boites mails, c’est pas des traitements de texte), rien n’indique qu’elle tiendra le coup dans la boite mail de votre destinataire. Oui, parce qu’il faut prendre en compte la diversité des services mails, et de leurs choix de mise en forme.

Et sur WhatsApp, alors ? Et bien pour moi qui aime faire simple et aller à l’essentiel, personnellement, je n’ai pas trouvé mieux. Peut-être qu’un jour le texto avec un lien ne sera plus la façon la plus simple d’informer, mais en attendant, c’est toujours plus simple qu’un mail ou que facebook.

Après il existe des services de mails professionnels (et payant), mais je vous le rappelle, on s’adresse à un petit nombre de gens. L’investissement n’en vaut pas la peine.

06. « Sur WhatsApp, on voit les numéros des autres »

Ca c’est l’argument des plus éveillés. En effet, en farfouillant un peu dans les paramètres du groupe, on trouve les numéros des membres. Et il y en a qui en sont très conscients.

J’ai envie de dire, c’est un peu l’inconvénient de l’avantage. L’avantage de WhatsApp, c’est qu’il existe une proximité entre moi et mes quelques abonnés qui n’existerait pas si ça se faisait par mail. Mais ça, évidemment, c’est au prix du numéro. Et lorsque j’ajoute un contact à un groupe, j’offre son numéro « en pâture » aux autres membres du groupe. Donc si vous avez été ajouté à un groupe, soit il faut faire confiance au contact qui vous a ajouté (je vous rappelle que c’est votre contact… vous le connaissez déjà), soit vous êtes libre de quitter le groupe. Ce n’est pas grave, c’est compréhensible.

C’est même d’ailleurs une très bonne chose pour moi. Parce que ça signifie que ceux qui restent savent que je ne donnerai pas leurs numéros au premier venu. Ils ont suffisamment confiance et sont suffisamment intéressés par mon travail pour rester. En gros, les membres de la newsletter se filtrent tout seuls, sans mon intervention.

Petite parenthèse concernant la sécurité de votre numéro. Comprenez bien qu’entre Facebook, Gmail, Outlook et toutes les applications mobiles, la sécurité de votre numéro est en fait déjà compromise depuis longtemps. Dès le moment où on a été obligé d’entrer un numéro de téléphone sur internet, on a compromis la sécurité de ce numéro. C’est ainsi, il faut faire avec. Désolé si je perce une bulle d’illusion et de déni.

Mais pour la sécurité de mes abonnés, en tant que modérateur d’un groupe WhatsApp, je m’engage à ne jamais donner l’un de mes contacts à quelqu’un que je ne connais pas. Je suivais déjà cette règle avant de créer une newsletter. Ce n’est pas un voeu prononcé, c’est juste du bon sens.


Voilà, je vais conclure ici mes réponses à 6 arguments qui m’ont été donnés contre les newsletter WhatsApp.

On peut y ajouter quelques arguments pour, comme l’instantanéité de la communication (en effet, vous allez forcément lire un texto plus vite qu’un mail), la régularité (c’est plus facile de remplir chaque semaine un texto qu’une newsletter) ou le fait que ce soit restreint aussi bien en nombre d’abonnés qu’en taille de message.

Oui, les restrictions de WhatsApp sont un avantage par rapport au mail. Pour prendre une analogie, si vous imaginez qu’envoyer un mail c’est comme jeter un gravillon dans l’Atlantique, alors envoyer un texto c’est comme jeter le même gravillon dans un verre d’eau. Dans l’Atlantique, il ne se passera pas grand chose de notable, tandis que dans un verre d’eau, ça fait ploc, ça éclabousse, ça peut même faire tomber le verre, selon le gravillon. Et pour l’instant, en tant que petit artiste, je n’ai la capacité que d’envoyer des gravillons. Quand j’aurai les moyens de lancer des rochers, je retournerai volontiers sur les plages de l’Atlantique (avec une catapulte :D)

N’en déplaisent à certains, je ne crois pas une seconde que les groupes WhatsApp soient uniquement faits pour des gens qui se connaissent, et je pense qu’on peut utiliser cette fonction à meilleur escient que de se faire spammer son téléphone par des potes sympa mais un peu trop enthousiastes.

Ce que je voulais écrire encore, c’est que peu importe les raisons bonnes ou mauvaises, si un abonné décide de partir du groupe, je respecte son choix. Je me rappelle que je parle de contacts. Donc pour la plupart, d’amis. J’ai de bonnes relations avec la plupart de mes contacts et je tiens à ce que ça reste ainsi, donc pas la peine de se fâcher pour ça.

Mais ça signifie aussi que ceux qui restent dans ma newsletter sont ceux sur qui je peux compter pour mes projets. Ce sont mes abonnés les plus fidèles. Ils me confient leurs numéros, je leur confie mes projets. De la confiance dans les deux sens, et c’est peut-être ça le plus intéressant dans une newsletter WhatsApp (je parle beaucoup de confiance, et vous verrez que ce n’est pas fini).

Je ne leur vends rien, je ne les incite à rien, je ne leur demande rien d’autre que d’être là. Et ils sont là.

C’est peut-être ça toute la beauté du concept.

JoS.

(sources images: Cemneciso | The Pyromaniac)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *